QU'IL Y A T-IL DANS LES CROQUETTES POUR CHIENS ?




 


Qu'y a-t-il dans les croquettes pour chiens ?


Par Lanutrition.fr Publié le 10/06/2013 Mis à jour le 10/03/2017
Jérémy Anso a écrit un livre de plus de 120 pages sur l’alimentation industrielle des animaux de compagnie, qu’il qualifie de « scandale alimentaire international ». LaNutrition.fr publie un extrait de ce livre que vous pouvez commander ici. 

Ce qu’on trouve dans les croquettes pour chiens et chats

Le site de la de la Chambre Syndicale des Fabricants d’Aliments pour Chiens, Chats, Oiseaux et autres animaux familiers (FACCO) nous propose un schéma qui détaille toutes les étapes de la fabrication d’une croquette. Les étapes importantes de cette fabrication sont d’abord le mixage de tous les ingrédients (dosés au préalable), ils seront ensuite broyés, et préparés pour la cuisson.

La cuisson-extrusion est le procédé qui permet techniquement de fabriquer une croquette. C’est un mélange de condition haute température (parfois 200°C) et de haute pression (35 fois la pression de l’atmosphère).

Une fois la cuisson-extrusion réalisée, les croquettes sont séchées, enrobées (bien souvent d’une couche de gras pour augmenter l’appétence  du produit), refroidies puis stockées. La suite n’est constituée que d’étapes de packaging pour desservir les clients.

Un ingrédient est essentiel dans la fabrication de ces croquettes sèches, ce sont les glucides. Sous forme d’amidon, ce macronutriment est un composé indispensable pour permettre techniquement la réalisation des croquettes. Nous verrons dans la suite de ce livre, que c’est en partie la raison qui explique la forte concentration de glucides dans les croquettes industrielles.

L’origine des matières premières

Les croquettes sèches doivent apporter les nutriments essentiels au bon développement des chiots et des chatons, mais également aux animaux de compagnie gestants et lors de la maintenance, quand l’âge adulte est atteint.

Ces denrées alimentaires pour animaux de compagnie doivent donc contenir une ration équilibrée entre les 3 principaux macronutriments : les glucides, les protéines et les lipides (matières grasses). La ration de croquettes doit également contenir des minéraux essentiels (zinc, cuivre, calcium, phosphore, etc.), des vitamines, des acides aminés ainsi que des fibres.

Nous allons voir dans cette partie que les sources de nutriments (vitamines, minéraux, macronutriments) sont extrêmement variées : abattoirs, produits de l’agroalimentaire, déchets des supermarchés, etc. La qualité du produit utilisé est intimement liée au fournisseur et aux sources de son approvisionnement.

La qualité de toutes les matières premières, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, sera discutée et détaillée.

Les matières premières animales

Selon le SIFOC (Syndicat des Industries Françaises des Coproduits Animaux), tous les sous-produits animaux (volailles, porcs et ruminants) peuvent entrer dans la chaîne de production de l’alimentation sèche pour animaux de compagnie. Ces sous-produits sont collectés à partir des « abattoirs dédiés à chaque espèce » toujours selon le SIFOC.

Les viscères, les têtes, les cous, les sabots, les pattes, ou les os sont définis comme des sous-produits animaux selon le SIFOC. Il faut comprendre que tous les morceaux de viandes, plus ou moins nobles, ont été retirés pour alimenter la consommation humaine de viande.

Le SIFOC ne mentionne pas la présence, plutôt évidente, probable de becs mais également de plumes dans cette chaîne de production.

En français, les sous-produits animaux peuvent être identifiés sous le terme, légèrement flatteur, de « protéines animales déshydratées ». En anglais, ce sera plutôt les termes « by-product » ou « meat meal » pour farine de viande, par exemple.

À titre d’exemple, voici la composition d’une croquette pour chien vendue par Royal Canin pour chien adulte, de taille moyenne [chiens adultes (11 à 25 kg), à sensibilité cutanée ou digestive, de plus de 12 mois] :

« Maïs, viandes de volailles déshydratées, riz, farine de blé, graisses animales, hydrolysat de protéines animales, pulpe de betterave, sels minéraux, gluten de blé, protéines de porcs déshydratées, huile de soja, huile de poisson, Fructo-Oligo-Saccharides (FOS), DL-méthionine, L-lysine, huile de bourrache, taurine, extrait de rose d'Inde (source de lutéine.) »

Concrètement, les croquettes sont composées de sous-produits de volailles et de porcs, autrement dit, viscères, pieds, pattes, sabots, têtes et carcasses.

En fait, nous avons 3 sources de protéines animales dans ces croquettes, et la mention en gras ne vous aura pas échappée. Les hydrolysats de protéines animales seraient des protéines animales moins allergisantes que les autres, car débarrassées de facteurs allergènes par hydrolyse. Il n’en reste pas moins que ces protéines hydrolysées sont issues de sous-produits animaux, dont on ignore même l’espèce (du porc, du bœuf ou du poulet ?).

(…)

Les chiens sont-ils des omnivores ?

Nous avons passé en revue dans les chapitres précédents les ingrédients qui intègrent quotidiennement et classiquement les croquettes, et qui font donc partie du régime alimentaire de nos animaux de compagnie.

Les croquettes sèches pour chien contiennent des céréales, du maïs, du riz, du soja, de la betterave (sous forme de sous-produit), du blé, parfois de l’orge et même du gluten. Ces mêmes croquettes contiennent également des protéines animales, majoritairement sous forme de poudre cuite obtenue à partir des sous-produits de l’alimentation humaine. La graisse, ou la part lipidique, possède plusieurs origines (animale et végétale).

Dès lors que l’on observe la composition d’un paquet de croquettes pour chien, on peut se demander si son chien est un omnivore ou pas. Les omnivores, comme nous le sommes, peuvent et doivent manger une grosse partie de végétaux pour combler leurs besoins nutritionnels. Mais est-ce le cas du chien ?

Je vous propose donc de lire deux scénarios sortis tout droit de mon esprit, le fruit de mon imagination. Vous allez me dire quel scénario vous paraît le plus plausible, le plus réaliste, le plus normal donc.

Les meutes de chiens omnivores

Il y a 10 000 ans, dans une forêt tempérée d’Amérique du Nord, vivait une meute de chiens sauvages composée de quelques chiots, d’un couple dominant et du reste de la meute.

Pour se nourrir, les chiens traquaient principalement les moindres épis de maïs sauvages, lorsqu’ils trouvaient un champ de blé à proximité d’un cours d’eau, la meute occupait la zone jusqu’à la dernière tige. Parfois, la meute repérait un gibier aux alentours, et décidait de la chasser pour en retirer un précieux butin. La dangereuse traque finissait par payer, et l’on pouvait observer les chiens dépecer l’animal et jeter tous les morceaux de viandes nobles sur les côtés pour ne manger que la carcasse, les sabots, la tête, les tripes, et les contenus stomacaux. Il arrivait que certaines meutes ne mangent pas la carcasse crue, et décidaient alors de la déplacer sur des braises encore chaudes (créées par l’Homme ou naturellement) afin d’apprécier les effets d’une forte cuisson.

Fin de l’histoire n°1.

Les meutes de chiens carnivores

A la même époque, et dans une forêt non loin de la précédente meute, se trouvait une famille de chiens sauvages. Cette famille passait le plus clair de son temps à la chasse aux mammifères terrestres. Ils chassaient des ongulés, des micromammifères, des oiseaux, ou des reptiles.

Le régime alimentaire de cette famille était composé à 90 % de viande et d’os crus, d’abats, tout en évitant soigneusement de manger le contenu stomacal des grands mammifères.

Lors des festins, les chiens pouvaient ingérer quelques fruits ou baies contenues dans l’intestin des proies, mais ils évitaient les parties végétales, les plantes, etc.

Fin de l’histoire n°2.

Alors, laquelle de ces deux histoires vous paraît la plus vraisemblable ?

Il est évident qu’il existe un monde entre ce que mangeaient les loups et les chiens dans leur écosystème traditionnel, et ce qu’on leur donne aujourd’hui à manger dans les croquettes industrielles.

Jérémy Anso, doctorant, auteur du blog www.dur-a-avaler.com 

Lecture conseillée : Toxic Croquettes de la vétérinaire Jutta Ziegler (LIRE UN EXTRAIT ICI >>)